Championnat de France 1/12 piste manche 3 à Porte-Les-Valences:
Brunet : la désillusion / Limoges : la révélation
(Reportage: Olivier Beining / Copyrights © rcinfos - adaptaweb)
Note: toutes les photos peuvent être agrandies par un simple clic.
On croyait le championnat
de France 1/12ème 2006-2007 joué après
les deux premières manches remportées
haut la main par Pierre-François
Brunet. Il n’en est rien puisqu’à l’issue
de la troisième manche qui s’est
déroulée à Porte
les Valences, le championnat se voit
relancé suite à de nombreux
rebondissements. Mais regardons cela
de plus près...
L’organisation: c’est
le Club Modèliste Portois qui
aura la charge d’organiser la troisième
manche de CF lors du week-end de l’épiphanie.
Pour une première organisation
de manche nationale, ce fût un
coup de maitre car le CMP fera un sans-faute
durant les deux jours, hormis un petit
souci de décollement de moquette
indépendant de sa volonté.
Il est vrai que Patrick Garcia avec toute
son équipe avait pris le taureau
par les cornes en organisant dès
le mois d’octobre 2006 une course
amicale touring et 1/12ème afin
de valider le bon fonctionnement du comptage,
de s’assurer que le balisage ne
pose pas de problème, et que chaque
membre du club trouve sa place dans l’organisation.
Deuxième bonne surprise,
c’est la clémence des températures
début janvier. Après le
froid de Bonneville et du Havre, c’est
dans une ambiance printanière
que les pilotes pourront se préparer
et rouler en toute tranquillité,
laissant de coté doudounes et
polaires. Le CMP ne fera pas les choses à moitié non
plus pour la remise des prix puisque
chaque pilote repartira avec un trophée
remis par les autorités locales.
Le club décidera même d’attribuer
un trophée au pilote le plus malchanceux
du week-end. Celui-ci sera décerné à Pierre-François
Brunet ! Mais revenons en détails
sur la piste concoctée par ce
club dynamique.
La
piste: c ’est la première
fois de la saison que les pilotes rouleront
sur une piste non permanente ce qui leur
permettra de partir sur le même
pied d’égalité. Paradoxalement,
le grip sera assez vite au rendez-vous.
C’est sans doute parce que la moquette
du CMP est fréquemment utilisée
pour les trainings et que la température
ambiante était plus importante
que pour les deux premières manches.
Le développé sera moyen
puisqu’il se situera entre celui
de Bonneville et celui du Havre. Les
meilleurs tourneront en moins de 10
secondes sur ce tracé qu’on
pourra caractériser de dynamique
de par ses nombreuses relances. Une ligne
droite de 30 mètres suivie d’un
virage à droite à 90 ° verront
les bolides débouler sur une épingle à droite
suivie d’une petite parabole à gauche
qui débouchera elle-même
sur une chicane. Celle-ci passée,
il faudra entamer une remontée à droite
en frôlant les cônes pour
passer ensuite une épingle à gauche.
Là encore, une relance violente
sur la droite permettra d’atteindre
le côté extrême gauche
de la piste toujours en léchant
les cônes avant de ralentir les
autos pour passer une épingle à droite.
De nouveau une relance sur la gauche
pour négocier une épingle à gauche
qui conditionnera le passage d’une épingle à droite
qui permettra le retour su la ligne droite.
Revenons
au grip: plus important le dimanche que
celui rencontré à Bonneville
ou Le Havre, il posera quelques problèmes
de mise au point pour les pilotes, qui
feront, pour la plupart, des casquettes.
Ainsi, les ramasseurs seront mis à rude épreuve
tout le dimanche après-midi lors
des finales. D’autant plus que
ces mêmes ramasseurs auront fort à faire
avec le scotch qui se décollera
toujours au même endroit (la petite
parabole à gauche avant la chicane).
Les pilotes, eux, devront modifier leurs
trajectoires pour éviter au maximum
cette bande de scotch glissante. Rien
de bien grave, même si une manche
de qualification devra être recourue
le dimanche matin car trop perturbée
par les passages sous la moquette de
certaines voitures... Le balisage
sera pénalisant mais pas cassant.
Peut-être pas assez pénalisant
car il sera facile de couper, sans perdre
trop de temps. Certaines voitures passeront
du côté de la ligne droite
frôlant à chaque fois le
télescopage avec une autre à pleine
vitesse !
La
participation: après l’outrageuse
domination de Brunet sur les deux premières
manches, la crainte était de voir
un faible nombre de pilotes faire le
déplacement dans la Drôme.
Mais c’est tout de même 28
engagés qui en découdront
tout au long du week-end. Certains pilotes
de pointe ne feront pas le déplacement,
le titre étant probablement perdu
pour eux. Dommage, quand on sait que
certains rebondissements changeront la
physionomie de la course. Mathias Rascol
pris par ses obligations professionnelles
s’est décidé au dernier
moment. Bien lui en pris car il finira
3ème
de l’épreuve. Dans le cadre
du CF, une course amicale DTM sera organisée.
17 pilotes seront présents, suite
au forcing réalisé par
Fabien Valantin la semaine précédent
la course. L’ambiance sera bonne
dans les stands, et dans l’ensemble,
les pilotes discuteront assez bien entre
eux pour échanger les informations.
Sur la piste, le fairplay sera de nouveau
de mise, car la plupart des pilotes se
côtoient tout au long de la saison
et se connaissent assez bien. A noter
la participation des frères Delorme,
9 et 10 ans, qui participeront à leur
deuxième manche nationale dans
cette catégorie.
Brushless
- le match pathétique Pollet-Villard
/ Brunet: c’est
fou comme l’esprit
de compétition anime ces deux
pilotes ! Le samedi matin, au début
des essais libres, Pierre-François
Brunet portera la première estocade
en cramant un premier contrôleur
Nosram ainsi qu’un moteur. Cela
démarre déjà fort.
Il changera son ensemble brushless, tandis
que Walter Pollet-Villard attendra patiemment
son heure en décidant de démarrer
la journée lors de l’essai
chronométré. Brunet, en
cramant un deuxième ensemble brushless,
prendra la tête des hostilités.
Walter rentrera enfin en course et se
verra confronté à des problèmes
de coupure auxquels Pierre-François
sera lui aussi confronté un peu
plus tard avec son 3ème ensemble
brushless du week-end. Les deux pilotes
opteront pour un rapport plus court,
mais rien n’y fera : à la
5ème manche de qualif, Pollet-villard « fume » littéralement
son contrôleur et décidera
de jeter l’éponge. Brunet,
dix minutes plus tard, cramera entièrement
son troisième contrôleur
brushless. Incroyable !
Les photos parlent
d’elles-mêmes.
Plus tard, Pierre-François rencontrera
aussi des problèmes de top radio
une fois un ensemble classique monté sur
sa RC12L4. Il se hissera tout de même
en finale A, limitant la casse au niveau
championnat. Le bilan du combat est sans équivoque
: Brunet : 3 contrôleurs, Pollet-Villard
: 1 contrôleur. Brunet se verra
d’ailleurs remettre un trophée
décerné au pilote le plus
malchanceux du week-end. Dans la série « je
n’ai pas de chance non plus »,
Philippe Vialla cramera aussi un contrôleur.
Plus sérieusement, ces événements
laisseront l’ensemble des pilotes
dubitatifs quant à la qualité du
matériel proposé par les
fabricants. Walter Pollet-Villard avait
déjà remarqué le
côté aléatoire des
fabrications de contrôleur, en
constatant que parfois, la plaque sérigraphiée
est mal ou pas du tout collée
sur les transistors. Ceci a pour conséquence
l’inefficacité des radiateurs
que vous pouvez coller sur cette plaque.
A noter que la plupart des pilotes qui
utiliseront un ensemble brushless n’auront
pas de problèmes.
Le
tour des stands: chez
Associated, la marque
toujours la plus représentée,
ce sont les préparations des
voitures qui varient. Cependant David
Mangin nous a présenté un
axe de damper ainsi que des axes de
roues filetés qu’il commercialisera
prochainement. Fabien Risbourg utilisera
des protections de différentiel
Robinson. Au niveau comportement, le
châssis américain se bonifiera
tout au long du week-end, en corrélation
avec la montée du grip.
Première
apparition des châssis CEFX C12
(trois exemplaires) dont un parviendra
en finale A aux mains de Jonathan Claux.
Les voitures sont de boite, rien à signaler
donc.
Chez Laje,
les chassis utilisés
seront les mêmes qu’au
Havre. Georges Camicas Aycardi, nous
proposera une préparation soignée
: modification du système d’ancrage
du Té sur le châssis,
puce perso placée à l’avant,
oreilles tenant les accus supprimées
pour plus de facilité. Il semble
que les Laje sont toutes différentes,
preuve que le constructeur fait évoluer
son produit. Philippe Vialla reste
le meilleur représentant de
la marque en se qualifiant à la
troisième place et en finissant
cinquième.
Chez Corally,
pas de nouveautés
non plus. Les pilotes font confiance
a leur voiture de début de saison,
et la SP12X ne semble pas faire plus
d’émules que cela. Toujours
autant de versions différentes
dans les stands : de la SP12M à la
SP12X en passant par la Ahoniemi. Les
chassis bataves éprouvent des
difficultés lorsque le grip
est important comme à Porte.
Un
seul exemplaire de la Trinity Reflex
12 et non des moindres puisque ce modèle
fera la pôle position et remportera
la victoire aux mains de Jérémy
Limoges. Selon son papa, rien de spécial
n’a été fait sur
cette voiture dont le setup semblait
très adapté aux conditions
de grip.
Un exemplaire de la
dernière
CRC generation X était
présent
dans les stands. Un tot nouveau train
caractérise cette nouvelle voiture.
Ce qui frappe, c’est le grand
nombre de pièces qui constitue
ce fameux train avant. Empilages de
pièces, rattrapages de jeu,
celui-ci semble très complet,
trop complet peut-être. En effet,
le pilote « lambda » se
noiera sans doute très vite
dans la mise au point.
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CRC Carpet
knife 3.2R de Simon
Rubet. |
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Détail du train
avant de la CRC de Simon Rubet. |
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CRC
Carpet Knife generation X de David Delaguette. |
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Détail du train
arrière de la CRC generation X. |
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Détail du train
avant de la CRC generation X, notez qu'il
n'y a pas de renfort reliant les
deux demi-trains. |
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détail d'un demi
train de la CRC generation X: vue sur
la fusée à boule. |
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Demi train
de la CRC generation X: vue sur
la fusée s'inspirant d'une
thermique. |
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Emplacement
réservé à la
puce personnelle afin de baisser
le centre de gravité. |
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La puce
personnelle très
avancée sur le chassis était
montée à l'envers… |
Coté électronique,
Georges Camicas Aycardi utilisera un élévateur
de tension Laje. Les packs lipo font
une percée sur les bolides,
car légers et petits. On voit
aussi de plus en plus fleurir les puces à l’avant
des châssis souvent pour manque
de place ailleurs et pour éviter
les interférences avec le récepteur.
Simon Rubet a délaissé son
ensemble brushless Nosram au profit
d’un ensemble classique avec
lequel il se sent plus à l’aise.
Les pneus CRC
et Jaco sont les plus utilisés,
mais les pneus GRP sont de plus en plus
appréciés
pour leur rapport qualité/prix.
Du coté du traitement, le Fish
semble contenter de plus en plus de
pilotes surtout à l’avant.
Pour l’arrière, le CS
reste le plus utilisé, même
s’il est plus agressif pour les
mousses. Les temps de traitement diminueront
tout naturellement en fonction de la
montée du grip pour atteindre
15 minutes à l’avant pour
près de la moitié des
pilotes, et 30 minutes à l’arrière
pour la moitié des pilotes.
La
course: Philippe Vialla gardera
la pôle provisoire de la troisième
manche à la cinquième
manche de qualification jusqu’à ce
que Jérémy Limoges ne
le détrône dans la sixième
et ultime manche après un run
de huit minutes sans faute et d’une
régularité exemplaire.
Simon Rubet en profitera aussi pour
s’immiscer à la deuxième
place. Suivent Vialla, Constanty, Rascol,
Brunet, Claux et Etienne. Pierre-François
Brunet sauvera donc les meubles en
se qualifiant sixième après
les événements cités
plus haut. Walter Pollet-Villard, qui
vivra la même mésaventure,
aura moins de chance puisqu’il
n’aura pas pu se hisser en haut
de classement.
Dans la première
finale A, Simon Rubet prendra très
vite le commandement de la course pour
ne plus le quitter malgré la
pression de Jérémy Limoges
qui finira seulement 34 centièmes
de secondes derrière ! Suivent
Constanty, Rascol, Etienne, Claux,
Vialla et Brunet qui cassera un triangle
dans son neuvième tour. Dans
la deuxième finale, c’est
Rascol qui tire le mieux son épingle
du jeu pour l’emporter devant
Rubet et Vialla. Limoges finira quatrième
suite à une petite erreur. Il
sera suivi par Brunet, Constanty, Etienne
et Claux.
La dernière finale
verra Limoges l’emporter devant
Rubet, Etienne, Rascol, Claux, Vialla,
Brunet et Constanty. Rubet, malgré le
forcing effectué ne pourra dépasser
le leader dans cette ultime finale.
Il se contentera de gérer sa
deuxième place, pensant qu’il
avait course gagnée en terminant
ainsi. C’était mal connaître
le règlement puisque à points
identiques, c’est le meilleur
chrono qui détermine le vainqueur.
Jérémy Limoges remporte
donc cette troisième manche
de championnat de France pour 86 petits
centièmes de secondes !
La finale
B sera empochée par Jean-François
Bechu, la finale C par Fabien Risbourg
et la finale D par Jean Delorme. Côté DTM,
Fabien Valantin remportera la course
devant Michel Berty et Vincent Cavard.
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Le podium
CF 1/12:
Simon Rubet (2),
Jérémy Limoges (1) et Matthias
Rascol (3). |
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Pôle et victoire pour le
jeune Jérémy
Limoges du club de Montbrison.
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Podium
Amicale DTM:
Michel Berty (2),
Fabien Valantin (1) et Vincent
Cavard (3). |
Le bilan
du week-end:
Contre
toute attente, le championnat 2006-2007
est relancé suite aux problèmes
en cascade rencontrés par Pierre-François
Brunet, leader au classement et qui aura
vécu
une terrible désillusion. Jérémy
Limoges, quant à lui, aura été « la
révélation » du week-end
en s’octroyant pôle et victoire
sans trembler ni douter face à des pilotes
plus expérimentés que lui. Le
suspens durera donc jusqu’au bout et,
comme l’année dernière,
le titre de champion de France sera attribué à la
dernière manche. Chaque pilote aura
un mois pour se préparer au mieux afin
de faire les bons choix techniques et
ainsi limiter au maximum le risque de
jouer le titre sur une défaillance du
matériel
plutôt que sur les qualités de
pilotage et de mise au point. Rendez-vous
est donc pris mi-février à Montbrison,
dans la Loire, où Jérémy
Limoges tentera de réitérer sa
performance et jouer les trouble-fête
tout comme Philippe Vialla, qui aura à cœur
de gagner sur ses terres. Mathias Rascol
sera le mieux placé pour faire trébucher
Pierre-François Brunet tout comme Arnaud
Constanty, qui n’a pas dit son dernier
mot. Vous l’aurez compris, la course
au titre sera plus ouverte que jamais,
et chaque événement
aura son importance pour l’attribution
du titre. Suspens !
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